Rencontre avec Jean-Michel Houard, Cartel Workwear
ADL: Aviez-vous une demande particulière pour les vêtements de travail ? JMH: Non, pas spécialement. Mais je me suis dit que c’était possible vu que je commençais à avoir une bonne clientèle et qu’il n’y a pas de magasins spécialisés dans la vente de vêtements de travail, tous secteurs confondus (construction, Horeca, médical, forestier…), dans la région. Les plus proches sont à Liège et Namur. Certes, il a bien les magasins de bricolage qui vendent quelques vêtements de travail mais ils ont rarement une large gamme et, de toute façon, ce n’est pas leur métier premier. Les clients achètent ce qu’ils veulent mais il n’y a pas forcément un vendeur pour les conseiller.
ADL: On imagine que la plupart du temps il s’agit donc de broder ou imprimer des logos JMH: En effet ! Mes principaux clients sont des entreprises ou des associations comme des clubs de jeunes, par exemple. Et c’est la clientèle que je vise. Faire la broderie de la tête d’un chien ou d’un cheval à partir d’une photo, qui plus est, sur une seule pièce ne m’intéresse pas de trop. D’abord parce que je ne suis pas équipé pour et ensuite, parce que ça me prendrait énormément de temps pour une seule pièce et je devrais alors demander un prix trop onéreux, ce qui n’est pas la politique de la maison : je suis plutôt pour le juste rapport qualité/prix. A l’inverse, pour une entreprise, on brode des petites séries mais à refaire une ou deux fois par an. Il m’arrive même de plus en plus souvent de broder des séries de 200 ou 300 pièces. Une fois que le logo est programmé, ça roule ! Ceci dit, à l’occasion, il m’arrive de broder un prénom sur un essuie ou un peignoir, par exemple, pour des particuliers.
ADL: Vos clients sont-ils des gens / entreprises de la région ? JMH: A la base, oui. Mais je m’aperçois qu’ils viennent de plus en plus loin. J’ai également de plus en plus de revendeurs comme des agences de publicité ou d’autres magasins qui me sous-traitent la broderie ou l’impression. Ca fait maintenant deux ans que je vends uniquement des vêtements de travail. Je n’ai pas encore fait de publicité et les gens reviennent ! Sans doute parce que je ne propose pas le bas de gamme, comme on pourrait trouver dans les rayons bricolage des grandes surfaces, mais que j’offre le bon rapport qualité/prix et une collection généraliste pour tous les métiers. Pareil pour l’impression et la broderie.
ADL: En parlant de votre site, j’ai vu qu’il disposait d’un module pour de la vente en ligne. JMH: En effet, mais je n’ai jamais rien vendu. Cela étant, je n’ai pas passé du temps à développer cette boutique en ligne. Je devrais peut-être l’aborder différemment mais il n’y a pas d’urgence à ça : j’ai assez de travail « en direct ». Si je devais passer du temps sur mon site Internet, ce serait plutôt pour le remettre à jour et en faire une belle carte de visite pour Cartel Workwear. ADL: Si je comprends bien, vous vous servez plus de Facebook. JMH: Oui. Mais, là aussi, j’ai du travail ! En effet, j’ai appris que Facebook supprimait tous les comptes de ceux qui utilisent un profil et non une page pour leur entreprise. Ce qui est, en partie, mon cas puisque j’utilise les deux. Si je ne veux pas perdre tous « mes amis » prochainement, j’ai intérêt à m’y mettre. ADL: Comment utilisez-vous Facebook pour votre commerce et constatez-vous des retombées concrètes ? JMH: Je l’utilise de deux manières. La première, en ayant une démarche active. Je me montre un peu partout et j’entre en contact avec les membres. Je vais les chercher quand ils annoncent l’ouverture de leur commerce ou encore l’organisation d’un événement particulier. La deuxième, en réalisant, en quelques sortes, une vitrine affichant des photos de broderies ou impressions réalisées. Dans ce cas, les gens viennent vers moi et me font savoir que ce qu’ils ont vu les intéresse. J’essaie aussi de marquer un maximum de gens ou entreprises sur les photos comme ça, ça se retrouve sur leur propre page. Leurs amis voient les photos et… d’amis en amis, ça me fait de plus en plus de travail ! Idem pour les promotions. Quand j’en ai, je les affiche et je fais des rappels environ tous les deux jours. Le tout est de trouver la juste dose afin de ne pas se faire trop intrusif dans la vie des gens au risque de ne plus faire partie de leurs « amis Facebook ». Et, de toute façon, c’est bien connu, trop de pub tue la pub !
ADL: Pouvez-vous dire que le développement de votre commerce passe par Facebook ? JMH: Non. Je pense juste que c’est un plus. Les ventes effectuées grâce à Facebook ne représentent qu’un faible pourcentage de mon chiffre d’affaires mais ce sont des clients qui sont toujours intéressants car, la plupart du temps, ce sont de nouveaux clients comme des clubs des jeunes pour lesquels j’ai vite 50 à 60 pièces à fournir et à broder. Si on arrêtait Facebook du jour au lendemain, ce ne serait pas un problème… j’aurais sans doute plus de temps pour travailler ! (rires) ADL: Tentez-vous de fidéliser votre clientèle via le web ou pas forcément ? JMH: J’ai déjà fait des mailings. Mais, pareil, il faut du temps, les faire intelligemment, il faut que ça tombe au bon moment et, en général, les retombées sont faibles. Sur Facebook, c’est pareil mais ça va beaucoup plus vite. ADL: Faites-vous attention à votre e-réputation, autrement dit à ce qu’on dit de votre commerce sur Internet ? JMH: Je suis déjà allé voir mais je n’ai jamais rien trouvé. Et comme j’ai de plus en plus de clients qui reviennent, je crois que ma réputation ne doit pas être si mauvaise que ça ! (rires) ADL: A l’heure où les petits commerces souffrent par rapport aux centres commerciaux installés en périphérie, comment encore attirer la clientèle et faire la différence ? JMH: Et bien, justement, en se démarquant. Il faut vendre quelque chose qu’il n’y a pas ici ou aux alentours, quelque chose de particulier. Et puis, surtout, rester visible, se montrer tout le temps. ADL: Et à part le net, qu’utilisez-vous d’autre comme supports promotionnels ? JMH: Plus rien car je n’ai plus le temps et que je n’ai pas envie de trop y mettre les moyens vu qu’il y a plein de possibilités de faire sa publicité gratuitement ou à moindre coût.
N.B.: Jean-Michel Houard avait participé aux Routes du Commerce en juin dernier. Découvrez le reportage ici
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