Portrait de la sprl Pierre Quoibion, entreprise générale de menuiserie et toiture

Entretien réalisé par Marie-Agnès Piqueray, mars 2012

L’ADL est allée à la rencontre d’un jeune entrepreneur durbuysien, Pierre Quoibion.  C’est sur le chantier Houyoux, à Barvaux, qu’il a accepté de nous consacrer un peu de son temps …


ADL: Monsieur Quoibion, pouvez-vous nous décrire brièvement votre parcours ?

Pierre Quoibion: En 1997, après avoir terminé mes études, j’ai commencé à travailler avec mon père qui était menuisier/charpentier.  Six ans plus tard, je me suis lancé comme indépendant et, en 2009, j’ai créé mon entreprise générale de menuiserie et toiture  (SPRL).  Entouré d’une équipe de 3 ouvriers, je propose actuellement mes services pour la réalisation de charpentes, couvertures, bardages en bois et en zinc, châssis, escaliers, ossatures bois…

ADL: Quelle est votre formation ?  Vous a-t-elle bien préparé à votre métier ?

P.Q.: J’ai suivi une formation de menuisier pendant deux ans à Marche et ensuite, durant deux ans, aux Aumôniers du Travail à Arlon.  Pour moi, cette formation était parfois trop générale et le meilleur apprentissage du métier est aussi la pratique sur le terrain.

ADL: Qu’est-ce qui vous a motivé à travailler dans ce secteur et à lancer votre propre affaire ?

P.Q.: J’aime le contact avec les gens, la gestion des chantiers et la diversité du travail. J’ai également un tempérament indépendant.  Tout comme mon père et mon grand-père, je ne souhaitais pas travailler pour un patron.

ADL: Cela a-t-il demandé de gros investissements financiers au départ ?

P.Q.: Comme j’exerce deux métiers à la fois, celui de menuisier et de couvreur, qui nécessitent, chacun, un outillage et des machines spécifiques, les investissements étaient, par conséquent, plus importants. Mais je me suis équipé, petit à petit, en fonction de mes moyens.

ADL: Pour vos matériaux, faites-vous appel à des fournisseurs de la région ?

P.Q.: Oui, je me fournis principalement chez BigMat en qui j’ai confiance et dont le service est de qualité.  Si je commandais mes matériaux directement auprès des fabriquants (ardoises…), je serais obligé d’acheter des quantités trop importantes et serais confronté à un problème de stockage.  C’est pourquoi je m’adresse à un revendeur.

ADL: A ce propos, où se trouve votre atelier ?

P.Q.: J’ai un atelier à Oppagne, à mon domicile, et je travaille aussi dans celui du menuisier Philippe Dodeigne installé dans le zoning de Bomal, avec qui j’échange des machines. A terme,  je projette de m’installer dans le zoning de Barvaux.

ADL: En quoi consiste votre travail ?  Quand intervenez-vous dans une construction ?

P.Q.: Quand le gros-oeuvre est terminé, le travail de couverture, qui représente 80% de mes activités, commence et quand le bâtiment est étanche, nous procédons à la pose des châssis.  Nous terminons par la menuiserie intérieure (portes, escaliers…).

ADL: Pas de problème de timing dans la gestion des chantiers ?

P.Q.: Hormis en périodes d’intempéries ou de commandes de matériaux spécifiques, nous essayons de respecter les délais fixés, surtout quand les clients ont recours à un financement.  Honnêtement, je n’ai jamais rencontré de problème à ce niveau-là.

ADL: Quelles sont les qualités requises pour être un bon menuisier/couvreur ?

P.Q.: La précision ! Si on veut un travail bien fait en menuiserie ou en couverture, il faut être précis.

ADL: Selon quels critères engagez-vous votre personnel ?

P.Q.: Je préfère engager des jeunes que je forme et, ensuite, nous travaillons de la même façon. Chaque indépendant à sa propre méthode de travail. 

ADL: Quelles sont les difficultés rencontrées dans votre travail ?

P.Q.: Etablir des offres de prix n’est pas toujours une tâche aisée et respecter le planning est parfois stressant. Autres difficultés : les conditions climatiques  (en été, il peut faire très chaud et, en hiver, très froid) et les consignes de sécurité avec la législation actuelle.

ADL: Est-ce un métier dangereux ?

P.Q.: Oui, surtout celui de couvreur.  Il faut respecter les consignes de sécurité.  J’ai, par exemple, suivi une formation pour monter des échafaudages.

(Le conducteur du chantier Houyoux intervient : « Les contrôles sur ce  chantier sont fréquents et de trois types : les contrôles de la société Houyoux, les contrôles internes de chaque société sous-traitante présente sur le chantier et les contrôles externes par l’inspection du travail. Dans certains cas, un chantier peut être complètement arrêté si les consignes sécurité ne sont pas respectées. »

ADL: Quels sont les avantages et les inconvénients de votre métier ?

P.Q.: A part les intempéries, il n’y a que des avantages pour celui qui aime son métier !

ADL: Quelle a été votre plus grande crainte jusqu’à présent ?

P.Q.: Comme tous les indépendants, je pense que c’est celle de ne pas avoir suffisamment de travail.  Mais, jusqu’à présent, je n’ai jamais eu à me plaindre … J’ai toujours eu du travail d’avance pour 3 mois, au minimum.

ADL: Et votre plus grande satisfaction ?

P.Q.: Celle de voir tous les chantiers que nous avons déjà réalisés. Certains clients n’hésitent pas, aussi, à nous témoigner leur satisfaction par de petits gestes qui nous font très plaisir : « dringuelle » aux ouvriers, bouteille de champagne à la fin des travaux…

ADL: Qui sont vos clients ?  Quels moyens mettez-vous en œuvre pour vous décrocher des contrats ?

P.Q.: 80% de ma clientèle sont des clients privés de la région.  Pour les 20% restant, des chantiers de la société Houyoux (à Bruxelles, Vedrin…) pour laquelle je travaille depuis 7 ans.  Une relation de confiance s’est installée entre nous.  Ils connaissent ma façon de travailler, tout comme quelques architectes de la région et … le « bouche à oreille » fait le reste !

ADL: Vous avez également un site Internet …

P.Q.: Oui, je m’en sers principalement pour montrer mes réalisations car rien ne vaut un contact direct avec le client pour répondre au mieux à sa demande.  (www.entr-quoibion.be)

ADL: Avez-vous déjà participé à des salons, foires … ?

P.Q.: Non. Je n’en vois pas l’utilité pour l’instant. Ca ne sert à rien d’accumuler trop de commandes si nous ne pouvons pas toutes les honorer convenablement. Je n’envisage pas d'agrandir la société actuellement car, en me tenant à une équipe de trois ouvriers, cela me permet de rester avec eux. 

ADL: Est-ce que le métier a évolué ? 

P.Q.: Oui, il y a constamment de nouveaux matériaux sur le marché et de nouvelles législations à respecter (isolation…).  C’est pourquoi il est important de se tenir informés en suivant des formations ou en se renseignant sur Internet. Pour la construction en ossature bois, j’ai eu la chance de pouvoir compter sur Philippe Dodeigne pour me former.

ADL: Hormis Philippe Dodeigne, travaillez-vous en partenariat avec d’autres entreprises de la commune ?

P.Q.: Oui, je travaille également avec les sociétés Michel Moens et Lamelec pour lesquelles j’ai notamment placé des crochets pour l’installation de panneaux photovoltaïques.

ADL: Vous travaillez actuellement pour la société Houyoux à Barvaux.  Quelles sont vos motivations pour travailler sur ce chantier ?

P.Q.: Le chantier se situe à quelques kilomètres de mon domicile et dans la même commune. C’est aussi une bonne publicité car, depuis que l’on est ici, plusieurs personnes sont venues me trouver pour un devis.  Mais quel que soit le chantier, on met tout en oeuvre pour satisfaire le client avec un travail sérieux et soigné.

ADL: Pensez-vous que menuisier/couvreur est un métier d’avenir et quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite devenir menuisier/couvreur ?

P.Q.: On aura toujours besoin de ces corps de métier !  Il faut que les jeunes qui veulent se lancer dans la menuiserie/toiture soient motivés, minutieux, clairvoyants et … qu’ils ne craignent pas le froid !

Route d'Erezée 8
6940 Durbuy
Tél.: 086/40.13.88 - Gsm: 0476/86.48.78
info@entr-quoibion.be
- www.entr-quoibion.be